mardi 29 avril 2008

Les gabonais parlent à leurs politiciens en s'abstenant massivement!

À l'orée d'une autre élection au Gabon qui entrera dans les anales politiques du pays non pas comme une victoire réelle d'un parti ou groupe, mais bien comme la victoire des gabonais! En effet, les politiciens gabonais n'ont pas encore compris le message puissant que les électeurs leur envoi depuis plusieurs élections: assez c'est assez! Les gens ne croient plus aux promesses et aux politicailleries des politiciens. Les Gabonais sont tout simplement désillusionnés par la politique et ne vont plus voter.

Malgré les énormes richesses du pays, des milliers de Gabonais ont toujours de la difficulté à se loger, à manger à leur faim, à trouver un travail décent, à faire respecter leur droit, à recevoir des services publics dont ils ont droit, bref, à vivre comme des citoyens normaux dans un pays qu'ils chérissent et qui est loin d'être le plus pauvre de la planète!

Pendant ce temps, les luttes de pouvoir sont devenues légion. La politique mène tout au Gabon, dirait-on!

Pourtant, le taux de participation déficient (encore) aux élections municipales de dimanche (27 avril 2008) doit définitivement résonner chez les décideurs politiques gabonais au plus haut niveau. Ils doivent comprendre une bonne fois pour toute que les Gabonais en ont assez de ces jeux politiques, de l'arrogance des politiciens qui se croient au-dessus de tout, du manque flagrant de sérieux dans la gestion des municipalités et d'autres institutions publiques et parapubliques du pays, etc. Les Gabonais veulent autre chose, une politique nouvelle, du changement. Mais ils ne savent plus d'où viendra ce changement au Gabon. D'où l'installation d'un véritable environnement de désespoir, notamment chez les jeunes. C'est une situation grave pour un pays où plus de 40% de la population a moins de 15 ans!

Les politiciens gabonais doivent se réveiller et travailler au développement du Gabon, non pas par des discours à n'en plus finir, mais bien par des actions concrètes. Ces actions, les Gabonais sont capables de les fournir, si au moins on les écoutait. Les Gabonais sont capables de se prendre en main si on leur donne la possibilité.

Les politiciens ne peuvent plus continuer à se gargariser des résultats d'élections avec des taux de participation en-dessous de 20%. Tout cela devient indécent pour la démocratie!

Voici un article en complément

P.S. On estime que le taux d'abstention pour les élections municipales du 27 avril était d'environ 70%!

lundi 28 avril 2008

IM 28: Découverte sur le SIDA du Pr Mavoungou

Santé: L'IM 28, la découverte du Pr Donatien Mavoungou bientôt dans les pharmacies

Découverte par le Pr. Mavoungou, l'IM28 est une molecule qui inhibe la réplication du VIH même dans les cas de résistance à l'AZT et au 3TC. Présentée pour la première fois à la 13e Conférence internationale sur le SIDA à Durban, en Afrique du Sud, en juillet 2000, cette découverte d'une grande portée scientifique et médicale a déjà été brevetée et le projet de transformation de cette molécule en médicament commercialisable est en bonne voie. Homme des sciences, délégué général du continent africain au bureau de l'Académie mondiale des sciences et des technologies biomédicales (W.A.B.T) partenaire de l'UNESCO, et auteur notamment de trois brevets d'invention, de 27 formules d'intérêt médical en voie d'homologation et de plusieurs publications scientifiques, le Professeur Donatien Mavoungou fait ici le point sur cette invention qui pourrait être d'un grand apport dans la prise en charge des malades atteint de SIDA.

© D.R.

Vous êtes connu comme l’inventeur de l’IM 28 dont le principe actif combattrait à la fois les infections, parmi lesquelles le Sida, et les maladies cardiovasculaires. Qu’en est-il exactement ? Le médicament existe-t-il ? Est-il commercialisé ?

IM28 jouit de trois brevets, le premier a été déposé à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) en France, puis a été élargi au niveau européen et finalement au niveau mondial. L’IM 28 est une des réponses à la préoccupation de la communauté internationale depuis l’apparition du grand fléau qu’est le Sida. C’est un procédé qui permet à la fois de renforcer le système immunitaire du malade du Sida, de bloquer la réplication du virus du Sida et il comporte bien d’autres propriétés sur lesquelles nous pourrons revenir. C’est donc un médicament, breveté, recommandé pour le malade du Sida peu importe le stade où il se situe. On peut, dès le premier stade de l’infection, administrer le produit aux malades et on arrive même à le rendre indétectable selon les tests disponibles.

S’agissant de la commercialisation, nous avons introduit le dossier scientifique et médical de l’IM28 à la division du médicament du ministère de la Santé du Gabon et nous avons été autorisés à administrer ce médicament aux malades sur la base d’une préparation magistrale. Cela depuis quatre ans et les demandes sont de plus en plus croissantes. C’est ainsi que nous avons commencé à nous intéresser à la production industrielle de l’IM 28. Ce qui a justifié la création au Canada d’une société dénommée DMB Medic pour la production et la distribution de ce médicament. Nous attendons les résultats de l’appel d’offre que nous avons lancé auprès des financiers, aussi bien au Gabon qu’à l’international, pour sortir le premier lot de l’IM28 qui sera commercialisé sous le nom de Immunor après avoir complété le dossier d’Autorisation de mise sur le marché (AMM).

Quel est le parcours de ce médicament, les premières déductions, les essais cliniques, etc.

On devrait dans ce cas aborder l’antériorité de l’invention, autrement dit comment je suis arrivé à celle-ci. Au terme de mes études universitaires, j’ai débuté, à l’Institut des recherches cliniques de Montréal sou la direction de feu le Pr. Wojciech Novaczynski, un travail sur l’hypertension et sur une hormone dénommée Déhydropiandrostérone (DHEA) qui avait été découverte en 1936 par l’allemand Adolf Friedrich Johann Butenandt, prix Nobel de Chimie 1939 et dont la forme sulfatée a été mise en évidence, en France, par Étienne-Émile Baulieu J’ai donc travaillé sur la S-DHEA en rapport avec les maladies cardiovasculaires. Par ailleurs, à partir de recherches que j’effectuais sur l’établissement de valeurs et de normes hormonales proprement africaines, j’ai découvert que les infections retentissaient sur le système endocrinien et que ces infections perturbaient le métabolisme de la DHEA et quand sont arrivés les premiers cas de Sida dans notre pays, j’ai comparé les malades du Sida aux séronégatifs par rapport aux taux de la DHEA. C’est ainsi que j’ai constaté que les taux de DHEA étaient effondrés, en rapport avec l’infection au VIH. Aussi ai-je déduit qu’il fallait proposer au malade du Sida une thérapie de substitution consistant à donner à l’organisme ce que le virus détruisait. J’ai découvert avec intérêt que la DHEA, sur la base des travaux scientifiques américains, français et anglais, est un modulateur de la réponse immunologique. Autrement dit, la DHEA stimulait la production de Interleukine 2 (IL2) composante essentielle du statut immunitaire de l’homme. Et, plus tard, nous avons nous-même fait des travaux pour vérifier si la DHEA avait cette capacité d’inhiber la réplication du virus du Sida. Ces travaux ont été confirmés par des travaux américains, anglais, japonais et français. Il fallait alors breveter le produit. Une molécule naturelle n’est pas brevetable, mais l’association de deux molécules peut donner lieu à un brevet et nous avons pensé à l’association avec une substance locale obtenue d’une huile végétale très utilisée dans les diètes et pour le traitement de certaines affections. On découvrira par la suite que cette huile avait des propriétés antiparisitaires, virales et fongiques.

C’est ainsi que l’IM 28 a été mise au point. Je me suis après quoi rendu à Montréal à l’Université Mc Gill en vue de tester l’IM28 dans le laboratoire du Pr. Mc Wainberg qui était alors le président de la Société internationale du Sida. C’est ainsi que pour la première fois, la communauté scientifique internationale mettait la main sur une invention africaine qui était approuvée par les laboratoires occidentaux. Nous avons eu à publier avec Mc Wainberg des travaux à ce sujet et deux de ses étudiants ont incorporé dans leurs thèses des travaux consacrés à l’IM28. Aujourd’hui, nous avons plusieurs publications sur le produit et sur le plan scientifique nous n’avons plus rien à prouver quant à l’efficacité de l’IM28. Après nous être assurés que notre produit n’était pas toxique, nous avons finalement procédé à des essais cliniques dont les résultats étaient très intéressants qui ont d’ailleurs été présentés en 2002 à Barcelone lors de la 14è Conférence internationale sur le VIH Sida. Forts de cela nous avons constitué plusieurs dossiers en vue d’intéresser aussi bien les autorités politiques que scientifiques pour passer de la préparation magistrale à la phase industrielle dans le but de répondre aux besoins des malades à l’échelle planétaire.

Si ce médicament agit sur trois maladies, c’est qu’il va au-delà des antirétroviraux. Ce qui est une découverte majeure pour la prise en charge de ces pathologies qui tendent à devenir endémiques, surtout en Afrique.

Ces trois maladies sont le Sida, la tension artérielle et le diabète. Il faut dire que les maladies cardiovasculaires, d’une manière générale, constituent les plus grandes causes de décès dans le monde et particulièrement en Afrique. Le virus du Sida induit le syndrome métabolique et donc le processus par lequel l’être humain peut devenir diabétique et/ou hypertendu. Et ce syndrome est aggravé par les antirétroviraux actuellement prescrits. On ne le dira jamais assez : c’est vrai que l’espérance de vie des malades du Sida augmente avec les antirétroviraux mais on ne peut pas occulter les effets secondaires liés à ces molécules. Ce qui est intéressant pour nous c’est d’avoir un complexe bi-moléculaire naturel, dépourvu de toute toxicité, et qui agit comme un antioxydant. C’est-à-dire que s’il est associé aux antirétroviraux d’utilisation classique, on peut prévenir les effets secondaires de ces antirétroviraux. Et, nous avons eu des résultats avec des malades depuis huit ans. Cette synergie entre l’IM28 et les antirétroviraux a été prouvée in vitro dans le laboratoire du Pr. Mc Wainberg et tous ces travaux ont été publiés. Lorsque nous avons fait notre essai clinique, au demeurant complet, nous nous sommes préoccupés de la santé globale du malade. Nous avons vérifié les fonctions hépatique, cardiaque, rénale ainsi que le poids, la tension artérielle, etc. On s’est alors rendus compte que certains malades qui étaient déjà traités pour l’hypertension artérielle et/ou le diabète, ont vu leur tension artérielle ou leur taux de sucre se normaliser beaucoup plus rapidement que par le passé. Avec un petit recul nous avons constaté que la molécule de base contrôle à la fois le métabolisme des sucres et des lipides. C’est pourquoi cette molécule est importante pour les maladies cardiovasculaires. Mieux encore, elle a un rôle régulateur au niveau rénal.

Nous avons donc là un produit qui contrôle la réplication du virus du Sida, renforce le système immunitaire (ce que ne font pas les antirétroviraux), prévient le syndrome métabolique et peut être prescrit contre le diabète et l’hypertension. C’est une invention africaine et nous savons, malgré tout ce qui se dit sur l’Afrique, qu’il existe des ressources financières en Afrique qui peuvent au moins permettre de lancer la première production de l’IM28 afin qu’il soit disponible au plus grand nombre. Je pense que si demain ce produit est disponible en quantité industrielle, on verra comment celui-ci aura contribué à l’augmentation de l’espérance de vie en Afrique. Si ceci est réalisé, connaissant les préoccupations en matière de santé au niveau mondial, je pense que nous sommes en droit de rêver d’être au moins candidat au prix Nobel de médecine.

L’IM28 via la DHEA stimule l’Oxyde nitrique (NO). Nous avons en effet constaté que trois molécules biologiques coopèrent pour le maintien de la bonne santé : la DHEA, l’hémoglobine et l’Oxyde nitrique. La DHEA stimule la production de la NO dont l’hémoglobine est le réservoir, au niveau des cellules endothéliales. Tout comme la DHEA, la découverte de la NO a valu le prix Nobel de Médecine en 1998 à trois chercheurs américains (Robert F. Furchgott, Louis J. Ignarro et Ferid Murad).


Quelle a été l’accueil réservée à l’IM 28 au niveau national ?

Cette question me gène un tout petit peu. Il faut dire que j’ai toujours été un peu nationaliste. Même lorsqu’il y a des erreurs, j’essaie toujours de sauvegarder l’image de marque de mon pays. L’évaluation au Gabon de mes avancées scientifiques a d’abord été faite sur une base politique. Je sais tout simplement qu’un scientifique doit être évalué par ses pairs. On doit dire qu’il existe des médicaments qui posent des problèmes. Et lorsqu’on constate des dégâts sur les vies humaines, on retire ce médicament de la vente. Aux Etats-Unis c’est le Food and Drugs alimentation qui se charge de retirer les produits dangereux de la distribution. Dans mon cas, le produit n’avait même pas encore commencé à être administré que la controverse avait commencé. Ce qui est certainement dû à l’absence d’une culture de l’invention. J’ai par exemple entendu dire : « Les blancs n’ont pas trouvé, ce n’est pas lui qui peut trouver. » Mais, on n’oublie que nous allons dans les mêmes écoles que les blancs et nous arrivons parfois à être premiers. Bref ! Je me contente du présent et le présent c’est que le médicament est en pharmacie et il ne pourra plus en sortir, parce qu’il fait ses preuves. Nous avons des demandes en provenance de pays aussi bien africains qu’européens. Et je suis encouragé par de nombreuses coupures de presse et par la considération de la communauté scientifique. Je dois, par exemple, prendre part à la Conférence internationale sur l’Hypertension qui aura prochainement lieu à Berlin et j’ai des travaux qui y ont été acceptés. Tout comme je serais, en juillet prochain, à la Conférence internationale sur l’hypertension chez les noirs à New Orleans aux Etats-Unis. C’est dire que je suis en activité et je suis dans la compétition internationale. Ce n’est pas seulement au Gabon ou pour le Gabon que je suis le Pr. Mavoungou. J’ai des titres universitaires et je me bats sur le plan international pour que le statut de chercheur soit effectivement garanti par des contributions annuelles soutenues dans les conférences internationales appropriées. A ce sujet, depuis 1978, je n’ai pas arrêté de contribuer que ce soit sous forme de participation à des conférences internationales et d’articles ou en tant que conférencier invité.

On devra retenir que j’ai créé au Canada ma propre société. Ce pays ne peut pas accepter la création d’une société pour produire un médicament si ses autorités en la matière n’ont pas apprécié les vertus scientifiques du produit attestés par nos brevets.

Au niveau africain, comment comptez-vous procéder pour le tour de table qui vous permettrait d’avoir un financement en vue de lancer la production de l’IM 28 ? L’usine sera-t-elle en Occident ou en Afrique ?

Dans un premier temps l’usine sera en Occident. J’ai mentionné tout à l’heure la création au canada d’une société dénommée DMB Medic pour la production et à la distribution de l’IM 28. Pour l’Afrique nous envisageons d’identifier un groupe de financiers qui pourra bénéficier de l’exclusivité de la distribution du produit sur tout le continent. Notre logique est de desservir tous les continents. Nous avons des contacts en Chine, en Amérique du Nord, en Amérique Latine et en Afrique. Nous essayons d’abord de produire le premier lot d’échantillons commercialisables dans leur forme définitive, parce que pour le moment les malades sont traités sur la base d’une préparation magistrale sous la responsabilité du pharmacien et du médecin prescripteur. Nous tenons à respecter les normes internationales, en terme de marketing et d’éthique. Après quoi, nous pourrons faire, si possible, un transfert de technologie vers l’Afrique pour la production de ce médicament sur le continent. Nous avons identifié des capitalistes intéressés et nous attendons leur réaction. Nous en sommes là. Il ne suffit environ que de six mois pour réaliser la production industrielle.

Quel est votre parcours universitaire ? Quels sont vos principaux travaux universitaires ? Ont-ils été publiés dans des revues spécialisées ?

Je suis biochimiste de formation, spécialisé en science clinique, notamment en endocrinologie moléculaire, après une thèse soutenue à l’Université Claude Bernard de Lyon. J’ai presque consacré ma vie à l’étude de la DHEA. Je me suis retrouvé à l’Institut des recherches cliniques de Montréal affilié à l’Université Mc Gill et à l’Université de Montréal comme fellow en recherche. Après quoi, j’ai eu un poste d’assistant de recherche à l’Université de la Colombie britannique (UBC) à Vancouver et dans les années 80 j’ai découvert dans un journal que le Gabon s’était doté d’un centre de recherche. J’ai ainsi quitté la faculté de médecine de UBC pour Franceville au Gabon. Mais, auparavant, j’ai séjourné à Paris dans les services du Pr. Étienne-Émile Baulieu à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) et à l’Institut des sciences et techniques nucléaires de Saclay avant de regagner Franceville pour le Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF) où j’ai exercé les fonctions de directeur de recherche de 1981 à 1989. Je dirige actuellement le Centre des recherches en pathologies hormonales (CRPH) que j’ai créé en 1995 et qui est un centre de recherche affilié à l’Université des sciences de santé. Je collabore avec la Fondation Jeanne Ebori, où le CRPH est implanté, du fait que cette structure hospitalière m’envoie des demandes d’examens. Nous comptons, sur la base de protocoles à établir, collaborer avec cette fondation, et pourquoi pas avec les autres formations sanitaires, pour promouvoir la recherche médicale dans notre pays.
Publié le 27-04-2008 Source : Gaboneco.com Auteur : gaboneco

vendredi 25 avril 2008

Flambée des prix des denrées de première nécessité: le gouvernement gabonais réagit!

"Face à la flambée des prix due à la crise alimentaire mondiale, le conseil des ministres du 24 avril a adopté différentes mesures fiscales et budgétaires exceptionnelles et temporaires visant à détaxer les produits de première nécessité pour protéger le pouvoir d’achat des ménages gabonais. Le gouvernement a décidé de suspendre pour une durée de six mois l’ensemble des droits et des taxes à l'importation, notamment la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur l'huile, le poisson, le lait et la farine importés. La charge sur le budget de l'Etat de l'ensemble de ces mesures est estimée à 10 milliards de F CFA." - Source: Gaboneco.com.

Cet extrait d'un article plus complet nous rappelle que le monde entier, particulièrement les pays en développement, fait face à une flambée de prix de plusieurs produits de première nécessité. Ce qui a entraîné des soulèvements populaires à plusieurs endroits (Haïti, Burkina, Côte-d'Ivoire, Philippines, Gabon, etc.). Même les pays développés comme le Canada et les États-Unis se sentent aussi menacés par la montée des prix des produits alimentaires.

Quelques exemples au Gabon montrent combien des fois la situation s'est dégradée depuis quelques semaines. À Libreville la Capitale, le kilo de sucre produit au Gabon est passé de 780 à 900 Francs CFA (fcfa), une augmentation de 15.4%. Le litre d'huile végétale est passée de 800 à 1400 fcfa, un bond spectaculaire de 75%! Le lait concentré sucré (Nestlé), la boîte moyenne est passée de 650 à 800 fcfa, en hausse de 23%. La boîte de lait en poudre (NIDO) de format moyen est passée de 1400 à 1950 fcfa un bond de 39,3%. Le Kg de riz non parfumé bondit de 350 à 600 fcfa, une hausse subite formidable de 71,4%. Le Kg de riz parfumé est passé de 700 à 1000 fcfa, un bond de 43%; etc. La liste est longue!

En fait, la hausse du prix des produits alimentaires est alimentée par la hausse des prix de l'énergie (notamment du pétrole) qui fait augmenter non seulement les coûts de production de produits de toutes sortes (et ultimement leurs prix), mais aussi la pression sur la recherche des sources d'énergie alternatives (biocarburants) comme l'éthanol, produit à base de maïs. Résultat, l'utilisation des ressources alimentaires comme le maïs pour produire du carburant pour les voitures crée une pénurie de ces produits. Certains parlent d'un crime contre l'humanité de la part des producteurs agricoles (notamment des pays occidentaux) et des marchands de carburants qui choisissent de produire de l'essence pour les voitures au lieu de nourrir la planète! Le Programme alimentaire mondial entrevoit une réduction de son aide aux pauvres partout dans le monde à cause de la crise. Une combinaison d'autres facteurs peuvent avoir conduit à une forte hausse des prix des produits alimentaires, à savoir une production réduite due au changement climatique, les niveaux des stocks historiquement bas, une consommation plus grande de viande et de produits laitiers dans les économies émergentes (Chine, Inde, Brésil, etc.) et le coût plus élevé du transport. La crise est grave!

C'est dans ce contexte que le gouvernement gabonais vient de prendre la décision de "soulager" la population temporairement contre la flambée des prix des produits alimentaires. Tout en approuvant cette décision, il faut toutefois se poser des questions de fond sur la situation que vit le Gabon et d'autres pays africains. À quand une véritable politique de lutte contre la dépendance alimentaire? Politique qu'on promet depuis des décennies au Gabon, j'entends la fameuse politique d'autosuffisance alimentaire qui n'a jamais fonctionné! La solution préconisée par le gouvernement gabonais est certes louable, mais elle est bien sûr "temporaire". C'est là le problème. La crise alimentaire mondiale actuelle doit être la goutte d'eau qui fait déborder le vase et qui doit faire comprendre aux dirigeants africains d'arrêter de jouer à l'autruche et de se prendre en main; de voir les problèmes en face et de les régler pour le long terme ou de façon durable. Le Gabon est un cas particulier parce que le pays importe presque tout ce que les gens mangent. La manne pétrolière et minière a longtemps fait oublier l'agriculture et l'entrepreneurait aux Gabonais. Les gestionnaires de l'état gabonais ont notamment longtemps fait preuve d'un manque de vision notable. Ils doivent prendre leurs responsabilités. Ce sont des dizaines voire des centaines de millions de dollars qui sont dépensés chaque année pour l'importation des produits agroalimentaires vers le Gabon, notamment en provenance de la France. Il faut cesser ce gaspillage des ressources financières de l'état et cette dépendance insoutenable!

L'autre complication en vue suite à la stratégie fiscale gabonaise est la lourdeur administrative qui accompagnera cette décision. On sait très bien que cela prendra beaucoup trop d'efforts pour tenter de contrôler les prix des produits. En annulant les droits de douanes, le gouvernement gabonais semble compter totalement sur les opérateurs économiques pour qu'ils baissent les prix de bon gré. C'est un peu risqué et inefficace à court terme, car on sait que plusieurs "maliens" (i.e. dépanneurs ou petites boutiques populaires) dans les quartiers ne vont pas nécessairement baisser les prix selon les marges indiquées par le gouvernement. La population n'aura pas nécessairement les moyens de vérifier que les prix ont vraiment baissé comme cela se doit. Même si les agents de l'état iront sur le terrain pour suivre l'application des politiques actuelles, il n'est pas assuré que les prix vont baisser substantiellement.

Dans ces circonstances, une mesure permettant de reverser une partie des revenus pétroliers et miniers directement aux citoyens ou de baisser les impôts des particuliers de la classe moyenne aurait été une possibilité sérieuse à envisager afin de stimuler l'économie par la consommation. Il faut penser à remettre l'argent dans les poches des citoyens ou contribuables qui en arrache déjà à la fin du mois pour survivre. Si on ne peut totalement compter sur les commerçants pour baisser les prix, il faut aussi mettre en place des mesures permettant de renforcer le pouvoir d'achat des consommateurs.

Le Gabon et d'autres pays africains dépendant de l'importation des produits alimentaires doivent comprendre que la récréation de la dépendance alimentaire est terminée! L'Afrique doit s'occuper d'elle-même et arrêter de dépendre des autres et des dons.

dimanche 13 avril 2008

ÉLECTIONS MUNICIPALES AU GABON: CAS DE BITAM

La campagne pour les élections municipales a été lancée au Gabon samedi le 12 avril dernier pour un scrutin prévu le 27 avril 2008.

La campagne de Bitam attire notre attention avec sa pléthore de candidats à couper le souffle. 66 candidats pour une ville de moins de 10 000 habitants! Difficile de dire si la démocratie est réellement bien servie par ce surnombrement. Assistons-nous tout simplement à une forme de course à un emploi (parfois un deuxième pour certains) ou à un peu d'argent ou encore à une recherche d'un certain positionnement social qu'apporte le titre de conseiller municipal?

Dans le cas de Bitam, la longue liste des candidats (voir plus bas) et leur positionnement politique (indépendants et liste PDG) laissent aussi présager des luttes intestines et familiales, qui comme d'habitude, vont laisser des traces. Encore une fois: 66 candidats pour une ville de moins de 10 000 habitants, un peu trop peut-être? On se demande d'ailleurs comment les gens de Bitam (il y a certainement d'autres cas ailleurs au Gabon) feront pour départager tout ce beau monde; encore faut-il que les différents candidats aient quelque chose de concret à proposer pour le développement économique et social de la municipalité. Si le passé est un indice crédible de l'avenir, on peut sérieusement en douter.

Maintenant que la campagne est lancée, les candidats doivent laisser de côté les vieux débats politico-politiques, les attaques personnelles et se concentrer sur les solutions aux vrais problèmes quotidiens des citoyens. Comment pensent-ils mieux gérer la ville de Bitam (services municipaux et utilitaires, propreté, gestion des déchets, etc.)? Quelles sont les solutions au problème de pauvreté des citoyens? Quoi faire contre la montée de l'inflation (hausse des prix) des prix de première nécessité (riz, manioc, pain, lait, etc.)? Comment créer des emplois à Bitam (notamment pour les jeunes), considérant que Bitam est une zone stratégique de développement que les autorités gabonaises doivent considérer à cause de la situation géo-stratégique de cette municipalité? Bref, beaucoup de questions dont les candidats et futurs représentants du peuple à la municipalité doivent répondre et il y en a bien d'autres. L'avenir des jeunes de Bitam et d'autres municipalités gabonaises passent par l'investissement dans la création d'emplois et un meilleur partage de la richesse nationale.

Les élus devront aussi commencer à respecter un peu plus les citoyens, ces payeurs de taxes et d'impôts qu'ils représentent. La condescendance dont font preuve certains élus doit cesser.

Voici la liste des candidats aux élections municipales de Bitam en 2008:


INDEPENDANTS

  1. OBIANG ONDO Pascal Boileau
  2. NGUEMA OBIANG Pierre Lévy
  3. NGOUA ASSOUMOU Christian
  4. EDOU –NGUEMA Jean Simon
  5. ABEGUE EDOU Marie
  6. NGUEMA EBANG Jean
  7. MBA ELLA Michel
  8. EDOU ESSONO Albert
  9. BEYEME OBIANG Jean Vincent
  10. ANDEME OVONO Claudine
  11. OLO METOU ép. ONDO Valentine
  12. OBONO ELLA Jeannette
  13. BIYO’O Faustin
  14. ELLA NDONG Hilaire Parfait
  15. EDO EKO Brice
  16. NGUEMA Vincent de Paul
  17. EVOUNA NKOULOU Henri
  18. MVE MBA Josué
  19. ZUE MESSA Juste
  20. ONDO MEKOGA
  21. OBIANG ELLA Gabin
  22. OBIANG OBIANG Samuel
  23. EDZANG ZUE
  24. MEZUI BIYO’O Daniel
  25. ABEGUE MEZUI Louise
  26. MINTSA ESSONO Bienvenu
  27. MBA ABESSOLO Pierre
  28. MERO AYOBA
  29. AKWE NNANG Gilbert
  30. NGUEMA NSO Lucien
  31. MENGUE M’ABA’A Antoinette
  32. AVOMO ELLA Françoise
  33. ELLOGO ABA’A Émilienne


LISTE PDG COMMUNE DE BITAM


  1. NDEMEZO'O OBIANG René
  2. ANGO OBIANG Gilbert
  3. ASSOUMOU ELLA Bonjean
  4. EDOU EYENE Emmanuel
  5. EDOU SIMA Jean Michel
  6. EKEGE MVE Janvier
  7. OBIANG NZUE BEYEME Jean Pierre
  8. ONDO OBIANG NKOULOU Beyeme Lambert
  9. ONDO OBIANG Robert
  10. HAMATOUOUCOUROU Dahouda
  11. EDOU MINTSA Christian
  12. NKOGO MEZUI Antoine Désiré
  13. ASSEKO ALLOGO Félix Georges
  14. MBELE ASSEKO Jules
  15. OBAME NDONG Jean
  16. NDEMENGANE NDONG Patricia
  17. NGUEMA ZUE Samuel
  18. NKOULOU MEBA Anicet Christian
  19. MBEANG NSONO Jean Robert
  20. ENGO ALLOGHO Jean-Jacques
  21. MENGUE M’ONDO Marie-Claire
  22. EYOGO EDZANG Patrick Karim
  23. NGOMO Thierry
  24. NZUE ESSONO Janvier Berthelin
  25. BEYEME ABA’A Franklin
  26. ZUE OBIANG Dieudonné
  27. NKILI MVONO Alain
  28. ONDO NGUEMA Philibert
  29. MVE EDOU Jonas
  30. AMADAMA Ayoba
  31. METOU Jean
  32. EFONO NDO ép. NGUEMA Eugénie
  33. OBAME BE Mathurin