samedi 26 juillet 2008

Obama, tout à fait prêt pour être président!

Pour ceux qui ont continuent à émettre des doutes quant à ses capacités de comprendre les problèmes mondiaux et de s'asseoir avec les grands de ce monde pour discuter franchement et trouver des solutions communes pour le monde, la visite d'Obama dans plusieurs pays vient de démontrer que cet candidat à la présidence des États-Unis est tout à fait capable. Il est très certainement plus prêt que plusieurs présidents américains connus!

Obama, s'il est élu président, apportera des changements importants pour les États-Unis et le monde. C'est une personne qui sera aimé partout (ex. plus de 200 000 personnes l'ont écouté à Berlin). Ce n'est pas un messie comme certains le disent ironiquement. Il fera de son mieux, mais certainement pas pire que certains présidents américains (inutiles de citer leurs noms). Justement, sa présence comme président américain noir (origine africaine récente en plus) fera changer les mentalités. Ce sera un début très important pour l'avenir de l'Amérique et du monde.

Il ne faut pas penser qu'Obama va sauver tous les Noirs de la misère. Il pourra au moins les rendre fiers et les motiver à devenir meilleurs. Il sera le président de tous les Américains et leader du monde moderne. Il aura de grands défis à relever et fera de son mieux.

Souhaitons que Barack Obama soit élu président des États-Unis en novembre prochain!

Quelques articles en vrac:

Obama termine sa tournée à Londres

Obama achève sa tournée à Londres

Élections américaines sur Yahoo!

mardi 3 juin 2008

BRAVO OBAMA!! UN MOMENT HISTORIQUE!!

Alors que le Montana et le Dakota du Sud organisent les dernières primaires démocrates, l'agence Associate Press a affirmé que Barack Obama a décroché l'investiture de son parti. Le canal CNN vient lui d'annoncer officiellement que Obama a dépassé le chiffre magique de 2 118 délégués dont un candidat a besoin pour décrocher officiellement l'investiture du parti Démocrate. Une chose est sûre: un moment historique sera célébré ce soir au Minnesota!

Pour la première fois, un africain-américain (i.e. Noir) est élu candidat officiel d'un parti aux États-Unis. Mieux encore, dans l'état actuel du parti républicain au pouvoir avec les politiques désastreuses de Georges Bush (qui est à son plus bas dans les sondages, avec environ seulement 28% de taux de satisfaction, du jamais vu!), Barack Obama a de sérieuse chance d'être le prochain président des États-Unis!

La campagne d'investiture a été longue et difficile. Hillary Clinton a opposé une campagne farouche à Obama, parfois par des tactiques douteuses et questionnables. Au bout du compte, Obama et son équipe ont été trop fort pour le camp Clinton!

Résumons en 10 points les raisons principales qui peuvent expliquer le succès de Obama (pour ne pas dire la défaite des Clinton):

10. Obama a rassemblé une excellence "équipe" qui savait travailler ensemble. Il s'est éloigné des lobbyistes et autres personnes influentes et proches de l'establishment politique de Washington, notamment pour le financement de sa campagne. Il a plutôt opté pour des conseillers professionnels et proches des valeurs progressives comme David Plouffe, David Axelrod, Steve Hildebrand et Paul Tewes. C'est une équipe qui fonctionnait sans luttes internes, contrairement à ce qui se passait chez les Clinton.

9. Stratégie des 50 états. Les stratèges de Hillary Clinton étaient convaincus au début des primaires que leur candidate sera élue d'office après le fameux "super tuesday" (super mardi) et ont ainsi axé leur campagne électorale sur quelques gros états (Californie, New York, Pennsylvanie, etc.). L'équipe Obama a de son côté préparé une stratégie simple mais efficace qui consistait à être compétitif dans tous les états, afin de remporter le plus de délégués possibles, puisque ce sont les délégués qui décident de la candidature finale. Le fait qu'Obama ait remporté presque tous les caucus démontre du calcul bien placé de son équipe. Dès le premier caucus de l'Iowa, un état presque complètement blanc, Obama avait semé l'émoi chez les Clinton en rapportant l'état! Obama a ensuite mené une campagne sur le terrain très agressive et intelligente. Il a ainsi réussi à gagner 11 états de suite; ce qui sonné la fin de Hillary, car malgré des victoires importantes dans plusieurs états par la suite, elle n'a jamais pu rattraper son adversaire Obama jusqu'à la fin.

8. Aucun plan B pour le camp Clinton. La campagne de Hillary Clinton a été complètement surprise par les 11 victoires successives d'Obama. Ses stratèges n'avaient aucun plan de secours tellement ils étaient sûrs que Hillary gagnerait la nomination après le super mardi! Ils n'avaient rien prévu après cette période. Ils ont donc commencé à improviser et à aligner des gaffes! De plus, la campagne d'Hillary manquait chroniquement d'argent. Hillary a dû puiser dans ses propres coffres en banque pour prêter à sa campagne.

7. Une exécution excellente. Obama a mené la campagne sur le terrain la plus impressionnante de l'histoire politique américaine. Le tout a commencé dans l'Iowa. Sa campagne s'est assurée de contacter le plus de monde possible, notamment par la voie des gens qui contactaient leurs familles, amis, voisins, etc. Tous les votes comptaient! La campagne s'est assuré d'ouvrir des bureaux dans tous les états et territoires américains, de New York jusqu'à Guam dans les îles pacifiques, en passant par la Virginie, l'Illinois, le Missouri, le Kansas, l'Ohio, le Wisconsin, La Dakota du Nord, La Caroline du Nord, le Nouveau-Mexique, le Texas, la Californie, pour ne citer que ces états. Des milliers d'Américains affluaient volontiers pour faire partie de cette révolution électorale historique! Plusieurs personnes qui n'avaient jamais participé à des rassemblements politiques ou qui avaient abandonné l'activisme politique depuis des années se sont mis à rêver et espérer en joignant la campagne d'Obama. Bien plus, la campagne d'Obama a mis en place des structures permettant d'intégrer et d'utiliser efficacement ces milliers de personnes qui voulaient donner un coup de main, particulièrement par l'entremise de l'Internet! Obama dispose en effet des outils Internet très puissants et sophistiqués qui permettent de contacter les gens, de donner de l'argent pour la campagne, de créer des communautés virtuelles, de s'enregistrer comme électeur, de répondre aux attaques médiatiques, etc. Même les gens du monde entier pouvaient créer leurs sites Internet Obama (exemple: CanadaforObama, GabonforObama, etc.) et faire la promotion du candidat!

6. Une stratégie de levée de fonds explosive! La capacité de Obama de concurrencer les Clinton dans tous les médias, de bâtir des structures de communication et de rassemblement efficaces reposait essentiellement sur son opération de levée de fonds exceptionnelle. Non seulement Obama pouvait recueillir de l'argent de manière traditionnelle (dons directs, etc.), il a aussi mis en place une plateforme solide de collecte de fonds par Internet. Il comptait plus de 1,5 million de donateurs sur Internet durant les primaires qui donnaient des petits montants mois après mois à la campagne d'Obama. C'est une situation qu'on n'a jamais vu aux primaires aux États-Unis. Obama a pu ramasser des dizaines de millions de dollars chaque mois venant des gens dits ordinaires et non de grands donateurs (chefs d'entreprises et autres richissimes de ce monde). Il a devancé largement ses opposants en matière de finances. Hillary sort d'ailleurs endettée de près de 30 millions dollars que la campagne devra rembourser.

5. Une stratégie de communication efficace basée sur quelques messages répétés à plusieurs reprises. Le message principal d'Obama a été "le changement et l'espoir". Il réussissait ensuite à entourer ces messages d'exemples de politiques qu'il veut mettre en place en matière de santé, d'éducation, d'environnement, d'économie nationale, de politique étrangère et de sécurité. Mais pour mettre en place ces politiques, il insistait que les États-Unis ont besoin de sang neuf à la Maison blanche et non pas des personnes qui font partie de la vieille garde politique; autant les démocrates que les républicains. Pendant ce temps, Hillary a multiplié des messages comme l'expérience, le populisme, l'élection possible d'une femme, le prix de l'essence, pauvreté, etc.

4. L'inspiration et l'espoir plutôt que la peur et la haine. Obama propose l'espoir plutôt que les stratégies de peur des républicains. Il propose l'unité de toutes races plutôt que les divisions blancs-noirs, blancs-latinos, blancs-asiatiques, etc. Obama évite le plus possible de dire des choses dégradantes envers ses adversaires, préférant des messages positifs. Ces messages d'espoir et d'inspiration; d'une campagne électorale différente, ont touché et mobilisé beaucoup d'Américains. Pour Obama, il ne faut pas avoir peur du changement! Il propose que les États-Unis discutent avec des pays comme l'Iran, la Corée du Nord, Cuba, etc. Les politiciens américains ne doivent plus exploiter la peur de l'autre ou des autres pays pour gagner des élections, maintient-il.

3. Unité plutôt que division. Barack Obama propose des messages de conciliation entre les races, les partis politiques et les pays du monde entier. Il maintient que les politiciens doivent travailler pour les Américains et non pas pour les démocrates ou les républicains, les blancs ou les noirs, les asiatiques ou autres. Ils doivent travailler pour le bien de tous; pour le bien des citoyens américains.

2. Du changement plutôt que l'expérience qui garde toujours les mêmes au pouvoir. Hillary Clinton s'est présentée au début de la campagne comme la candidate d'expérience. Elle a sous-estimé le besoin de changement des Américains; surtout après 8 années de Bush et aussi 8 années des Clinton avant lui. Qu'ils soient démocrates ou républicains, les Américains veulent du changement. Selon les derniers sondages, plus de 80% d'entre-eux pensent que les États-Unis sont sur le mauvais chemin actuellement.

1. Obama lui-même est tout simplement un candidat extraordinaire. Inspirant, articulé, brillant, drôle, charismatique et naturellement empathique: voilà Obama en quelques mots. De jeune enfant ayant grandi avec sa mère et ses grands-parents du Kansas (son père Kényan ayant laissé sa mère lorsqu'il était enfant), Obama a réussi à monter les échelons de la vie et non sans difficultés. Il a réussi brillamment ses études de droit de la prestigieuse Université Harvard pour ensuite se lancer dans un travail d'organisateur communautaire dans les quartiers pauvres de Chicago. Avec son diplôme en main, il aurait pu devenir un avocat populaire et riche, mais il a choisi d'aider d'abord les plus vulnérables de la société. Il représente l'Amérique et le monde d'aujourd'hui et de demain avec une famille multiculturelle. Il a subi des attaques incisives de ses opposants durant la campagne, mais il a su les gérer avec calme, intelligence et confiance. Obama est prêt et le grande bataille de la présidentielle ne fait que commencer. L'histoire des États-Unis est entrain de se réécrire devant nos yeux.

Bonne chance Obama!

mercredi 28 mai 2008

Afrique du Sud : la vitrine se brise

Voici un long article de l'historien Achille Mbembe sur les événements dégradants récents en Afrique du sud.

Afrique du Sud : la vitrine se brise

Le Gauteng est la région la plus riche d’Afrique du Sud. C’est ici qu’est située Johannesburg, la plus moderne, la plus puissante et la plus racialement mixte des métropoles africaines. Depuis le début des années quatre-vingt-dix, cette immense ville-région fondée par des migrants venus de diverses parties du monde en 1896 à la suite de la découverte des mines d’or du Witwatersrand est devenue la nouvelle frontière du continent.

Au cours du dernier quart du XXe siècle, l’écroulement de l’apartheid et le passage à la démocratie aidant, de nouvelles vagues de migrants en provenance du reste de l’Afrique sont venues s’ajouter à ce complexe social et urbain déjà fort bariolé. Dans cette mini-New York, mini-Sao Paulo et mini-Los-Angeles à l’échelle de l’Afrique, l’on retrouve aujourd’hui presque toutes les nationalités du monde.

Bouffée xénophobe
Beaucoup sont originaires de pays en guerre, divisés contre eux-mêmes ou en proie à l’incurie et à la gabegie d’élites prédatrices et (ou) séniles. Si certains sont en quête de refuge, d’autres viennent dans l’espoir d’échapper à des situations de misère chronique et de corruption endémique. Nombreux sont ceux qui, entrés illégalement dans le pays, mènent depuis lors une existence précaire et quasi-clandestine, soumis qu’ils sont à un harcèlement permanent des autorités sud-africaines et sans cesse menacés d’arrestation et de déportation.

Cette “ immigration de bas de gamme ” s’est développée parallèlement à une autre, faite de cadres africains hautement qualifiés et d’élites que l’on retrouve dans des domaines aussi variés que la finance, les médias, télécommunications et nouvelles technologies, les universités, les cabinets internationaux d’expertise et les grandes firmes commerciales.

Il y a moins de dix jours, tout semblait encore, du moins en apparence, indiquer qu’à Johannesburg était en train de naitre, pour la première fois sur le Continent, une forme de fusion culturelle inédite, sous-bassement d’une modernité afropolitaine.

Mais voilà que depuis plus d’une semaine, l’Afrique du Sud vit des scènes de violence et de cruauté que l’on croyait typique des pays arriérés.

On parle d’une bouffée xénophobe. De fait, près d’une cinquantaine de non-nationaux (Zimbabwéens, Mozambicains, Malawites) ont d’ores et déjà été tués, souvent dans des conditions d’une extraordinaire sauvagerie. Chassés des lieux qu’ils occupaient, à peu près vingt mille autres migrants ont perdu le peu qu’ils avaient, et leur vie est désormais plus précaire encore qu’elle ne l’a jamais été.

La vitrine s’est donc brisée et l’image d’un pays qui se voulait jusqu’alors le symbole d’une Afrique debout, non-raciste, cosmopolite et ouverte sur le futur a été irrémédiablement ternie.

Survenant à la suite d’incidents à répétition au cours desquels plusieurs commerçants somaliens avaient déjà trouvé la mort dans la région du Cap et dans le bidonville d’Atteridgeville, non loin de la capitale Prétoria, les attaques criminelles dirigées par des noirs sud-africains contre les gens d’origine africaine ont également mis à nu le mythe de la solidarité raciale dont se revendiquent, depuis le XIXe siècle, les courants dominants du nationalisme noir et du panafricanisme.

De façon tout à fait ironique, l’éruption en cours a commencé dans le bidonville d’Alexandra, haut-lieu de la lutte anti-apartheid, aux portes du célèbre quartier des affaires de Sandton.

Des gens qui, récemment encore, subissaient les affres d’un Etat raciste qui n’hésitait pas à verser le sang des Noirs ont choisi de passer eux-mêmes à l’acte.

Allant de porte-à-porte, la horde a procédé à l’éviction brutale de la plupart des non-nationaux. Armés de poignards, de machettes et de gourdins, des jeunes gens pour la plupart ivres et sans travail ont détruit par le feu tout ce sur quoi ils pouvaient mettre la main. Sur fond de chants de l’époque de la lutte de libération, mais aussi de cris, de sarcasmes et de railleries, ils ont contraint les étrangers qui vivaient en leur sein à la fuite, tandis que femmes et enfants, avec ou sans papiers, trouvaient refuge dans le commissariat de police local.

Le mouvement s’est ensuite propagé dans les immenses poches de pauvreté qui ceinturent la ville et menacent de l’étrangler - de l’East Rand à Diepsloot, de Primrose à Ekurhuleni jusqu’aux portes de Hillbrow et de Jeppestown, deux des plus grandes concentrations de non-nationaux dans tout le pays.

Pendant le weekend, l’on a assisté à d’horribles scènes de cruauté rappelant les heures sombres de l’état d’urgence des années quatre-vingt. Ici et là, l’infâme “ supplice du collier ” a réapparu. Utilisée à l’époque contre les “ traîtres ” et les “ informateurs ”, cette technique consiste à faire incendier, vivant, la victime – n’importe laquelle – au kérosène.

Profitant du désordre et de l’incertitude si caractéristique de la vie sud-africaine aujourd’hui, des bandes de criminels armés sont venues s’ajouter à la meute. Ensemble, les deux groupes ont pillé ce qu’il était possible de piller. Puis, après avoir brutalisé les hommes, ils ont violé un nombre indéterminé de femmes et tiré à bout portant sur des forces de l’ordre dont l’incompétence et la vénalité sont notoires, l’institution policière et les services du ministère de l’intérieur sud-africains constituant au demeurant des rouages essentiels dans le harcèlement quotidien dont les Noirs d’Afrique sont victimes dans ce pays.

Un pays transnational
Les raisons de ce déchaînement de violence sont les mêmes que celles que l’on avance partout ailleurs dans les mêmes circonstances : “ Ils prennent nos maisons, nous volent nos emplois et nos femmes ”. “ Ils parlent des langues étranges ”. “ Ils ne nous respectent pas ”. “ Ils sont à l’origine de notre pauvreté ”. “ Ils sont responsables de la hausse de la criminalité ”. “ Ils ont le teint plus noir que nous autres ”.

Or, la présence des étrangers en terre sud-africaine n’est pas nouvelle. Comme dans le reste du Continent avant la colonisation, les migrations étaient la norme. Le brassage des populations à la faveur des guerres, des échanges commerciaux, des transactions d’ordre religieux ou des alliances était la règle. L’essaimage était la forme dominante de la mobilité. “ Faire société ” consistait essentiellement à “ faire réseaux ”, à tisser des chaînes de parenté et à nouer des dettes, que cette parenté et ces dettes soient réelles ou fictives.

C’est la raison pour laquelle loin de constituer des unités closes, les entités ethniques sud-africaines sont si enchevêtrées aussi bien sur le plan culturel, linguistique que territorial puisque des rapports étroits les unissent non seulement entre elles, mais aussi à leurs pairs du Mozambique, du Zimbabwe, du Botswana, du Lesotho ou du Swaziland.

L’immigration européenne à partir du XVIIe siècle, l’importation de la main-d’œuvre servile dans la région du Cap, l’implantation des Indiens dans le Natal au début du boom sucrier, voire des Chinois au début de l’ère industrielle dans le Witwatersrand – tout cela a largement contribué à faire objectivement de l’Afrique du Sud un pays transnational, même si, l’apartheid aidant, il ne s’est jamais reconnu comme tel.

Ce caractère transnational ira s’accentuant au cours de la première moitié du XXe siècle avec l’afflux des Juifs, puis à partir du milieu des années soixante-dix avec l’arrivée des ex-colons portugais fuyant le Mozambique et l’Angola, les ex-colons rhodésiens après l’indépendance du Zimbabwe, et des minorités en provenance d’Europe de l’Est.

Au fond, depuis la découverte des mines d’argent de Kimberley et surtout des mines d’or dans le Witwatersrand à la fin du XIXe siècle, les frontières réelles de l’Afrique du Sud s’étendent du Cap au Katanga, les apports européen et asiatique dilatant davantage encore l’identité de ce pays et lui assignant une dimension transversale, transnationale et pluriculturelle que peuvent revendiquer bien peu de nations modernes.

Race, mobilité et lutte pour la survie
Pour créer et augmenter ses richesses, l’Afrique du Sud a toujours dépendu du travail des étrangers. A l’époque de l’industrialisation, une partie importante de la main-d’œuvre dans les mines était recrutée dans toute l’Afrique australe. À l’intérieur du pays, le travail saisonnier et migrant a lui aussi constitué l’une des technologies-clé du processus de prolétarianisation.

Dépossédés de leurs terres et déchus de leur citoyenneté, les Noirs sud-africains étaient relégués dans les bantustans, sortes de réserves indigènes où la lutte pour la reproduction était des plus sévères. Ils ne pouvaient séjourner que temporairement dans la ville blanche. L’institution du laissez-passer permettait de contrôler leur mobilité au sein d’une économie capitaliste où la race produisait la classe tout en bloquant autant que possible l’émergence de la conscience du même nom.

Le travail saisonnier et migrant d’une part et, de l’autre, la relégation des Noirs sud-africains dans les réserves contribuèrent de façon décisive à l’implosion des structures familiales urbaines. Les liens communautaires furent atrophiés. La culture du petit entreprenariat et de l’initiative individuelle fut brisée lorsque la liberté de faire du petit commerce ne fut pas abolie par la loi.

Mais surtout naquit une culture de la dépendance et de l’assistanat qui, aujourd’hui encore, pèse lourdement sur les conduites, hypothéquant les capacités des Noirs sud-africains à tirer parti des nouvelles conditions dans lesquelles se déroule désormais la lutte pour la survie en milieu urbain.

Pour les Noirs sud-africains, la fin de l’apartheid est donc synonyme d’accession de plein droit à la ville. Le démantèlement des lois racistes rend possible la liberté de mouvement et la liberté de résidence. Mais – fait capital – il est également à l’origine d’un double mouvement migratoire interne et externe dont les conséquences sociales et politiques sont loin d’avoir été mesurées.

Sur le plan interne, le régime d’apartheid commence à s’écrouler dès le début des années quatre-vingt, à un moment précisément où, la crise de production dans les bantustans s’aggravant, l’État raciste n’est plus capable de sceller hermétiquement ses frontières internes, de contrôler la mobilité des Noirs, d’intensifier leur exploitation par le capital tout en affermissant la ségrégation raciale.

C’est alors qu’une masse de gens sans travail, à peine éduqués et sans autre moyen de survie que la petite prédation commence à quitter les campagnes et à se déverser dans la périphérie des grands centres urbains, rendant dès lors impossible tout effort de planification urbaine, défigurant au passage le visage des principales villes sud-africaines, provoquant la fuite des classes moyennes blanches et noires dans des quartiers résidentiels (suburbs) ou dans des enclaves protégées par des compagnies privées de sécurité, et ouvrant la voie à des pratiques de survie qui accordent une place privilégiée au crime.

La formidable lutte pour les ressources qui, jusqu’à présent, était difficilement contenue dans les bantustans, se déplace dans le contexte urbain où arrivent, presqu’au même moment, des milliers d’immigrants illégaux en provenance du reste du Continent.

Du coup, les Noirs sud-africains font face, pour la première fois, non plus à leurs oppresseurs d’hier, mais à d’autres migrants (pour la plupart mieux éduqués qu’eux, disposant d’une pratique de la ville et habitués à ne rien attendre de l’Etat) venus d’autres pays d’Afrique et avec lesquels ils sont immédiatement en compétition, notamment dans le secteur informel, espace privilégié de la lutte pour la survie, ou encore dans le domaine du logement, de l’emploi, voire simplement l’occupation d’un bout d’espace dans des camps de fortune qui ne cessent de s’allonger.

Haine de soi et haine du semblable

Ces camps de la pauvreté s’étendent à perte de vue et ceinturent toutes les grandes métropoles d’Afrique du Sud. Zones où se mêlent le droit et le non-droit, la maladie, la mort prématurée et la lutte sans pitié pour la survie, ils constituent des poudrières et menacent objectivement la stabilité du pays.

C’est dans ces non-lieux que s’est déplacée une bonne partie de la violence sociale caractéristique des années d’apartheid. A plusieurs égards, l’Etat n’y est présent que par les réseaux de la corruption tissés au détour du système des subsides aux indigents (social grants) mis en place par l’ANC au milieu des années quatre-vingt-dix dans l’espoir de juguler la pauvreté.

Mais la violence des Noirs sud-africains contre des Noirs d’autres pays d’Afrique est le symptôme d’une crise bien plus grave encore, que la fin de l’apartheid n’a fait que cacher. Celle-ci a trait à la profonde haine de soi et du semblable et au profond mépris de la vie si caractéristiques de la conscience blessée et victimaire. Les ressorts historiques de cette haine de soi et de ce mépris de la vie sont à chercher dans les longs siècles de déshumanisation dont l’Afrique du Sud, Noirs et Blancs, ont fait l’expérience et desquels ils sont encore loin d’être sortis.

Les dommages psychiques et physiques infligés aux Noirs par le pouvoir blanc pendant ces siècles obscènes a laissé des traces vivantes chez les uns comme chez les autres. C’est tout le pays qui est encore jonché de moignons – ce mélange de stupéfiante beauté, de cruauté et de laideur de l’esprit si typique des lieux que le démon humain a, à un moment donné, choisi d’habiter. Littéralement, le pays reste fracturé, couvert des stigmates de la Bête, le dieu-au-cul-de-chèvre que fut, ici, le racisme d’Etat, et dont on peut encore voir l’effigie dans le paysage, dans l’architecture, dans la manière dont les villes sont construites, les noms des rues et des avenues, les statues, les manières de parler des uns et des autres, l’impossibilité pour les uns et pour les autres de voir en le tiers le visage du semblable, ou simplement d’imaginer ce que cela peut vouloir dire d’avoir, quelque part, quelque chose en commun.

En dépit de taux de croissance économique élevés, l’Afrique du Sud reste confrontée au phénomène corrosif qu’est la pauvreté de masse. Celle-ci touche en majorité les Noirs même si apparaissent de plus en plus, ici et là, des poches de “ pauvres blancs ”. Plus grave encore, le pays est peuplé d’une classe de gens totalement superflus qui, au regard des besoins actuels de l’économie et de ses transformations prévisibles, ne présentent aucun intérêt puisque, strictement parlant, ils ne sont simplement pas “ exploitables ”, et encore moins producteurs de quelque valeur ajoutée que ce soit. Aujourd’hui, etre “ prolétaire ” est un luxe que bien peu de gens peuvent s’offrir.

Depuis 1994, le gouvernement a mis en place deux dispositifs extrêmement coûteux dont le but est, non d’éradiquer la pauvreté en tant que tel, mais de la soulager. Il s’agit d’une part des subventions sociales pour les indigents (social grants) et d’autre part d’un mécanisme complexe d’accès à des services sociaux minimum tels que le logement. Mais ces mécanismes sont gangrenés par une corruption rampante à laquelle s’ajoute la rareté de cadres compétents.

Une véritable guerre sociale est en cours. Chaque année, environ 18 000 personnes sont victimes d’accidents de circulation. A peu près 50 000 autres perdent leur vie, victimes de crimes de toutes sortes. Le chiffre annuel des morts relatifs à l’épidémie de SIDA s’élève à près de 100 000. Le crime est si rampant et si lourdement présent dans la vie de tous les jours que n’importe qui peut perdre sa vie n’importe quand, n’importe où et pour n’importe quelle raison. Il n’existe de sécurité pour personne, et la violence revêt des formes de plus en plus brutales, de plus en plus prédatrices et de plus en plus sadiques. Le sentiment d’émasculation est si fort chez la plupart des hommes que plus de 50 000 femmes et jeunes filles font l’objet, chaque année, de viols.

Plus que tout autre facteur, la criminalisation rampante de l’ordre social, ajoutée à une croissance exponentielle de la corruption, représente la menace la plus directe contre l’ordre politique sud-africain. Que la transition démocratique soit, pour l’essentiel, bloquée ne fait qu’aggraver cette menace. Depuis 1994, le système politique n’a guère fait l’objet d’une profonde déracialisation. Il n’existe, en ce moment, aucune perspective d’alternance. Bien que déchirée par des luttes intestines, l’ANC est, de facto, le parti hégémonique – ce qui accroit le risque de confusion entre l’Etat et le parti. Progressivement, les intérêts objectifs de la nouvelle classe dirigeante et des classes moyennes noires se distinguent de ceux des classes subalternes – vivier à la disposition des forces populistes tentées par le mirage d’un pouvoir et d’un “ homme fort ”.

Ceci dit, la violence contre les migrants d’origine africaine a fait l’objet d’une condamnation sans appel de l’ensemble de la société sud-africaine. D’ores et déjà s’organise, dans les universités, parmi les intellectuels et au sein de multiples associations civiques, s’esquisse un contre-mouvement. Ce dernier cherche à réaffirmer la vocation panafricaine de l’Afrique du Sud, son ancrage au reste du Continent et son attachement aux valeurs d’hospitalité sans lesquelles la victoire contre l’apartheid perdrait de son universalité. Plus qu’aucun autre pays, l’Afrique du Sud a largement contribué, au cours des dix dernières années, à la consolidation des institutions interafricaines, à la résolution des conflits dans bien des pays, et à la consolidation d’un agenda et d’une politique africaine des relations internationales. La présence économique de l’Afrique du Sud dans le reste du Continent est considérable même si cette présence relève souvent du mercantilisme pur et simple.

Pour l’heure, le pays représente toujours l’unique chance qu’a le Continent de se tenir debout par lui-même.

Par Achille Mbembe

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mardi 27 mai 2008

Contribution électorale aux États-Unis: Dis moi qui tu es, je te dirai pour qui tu donnes!

27 mai 2008

Les élections américaines représentent une occasion unique de mesurer le degré de transparence et de démocratie électorales dans ce pays dont les dirigeants se targuent de présenter comme le grand défenseur de la démocratie dans le monde.

Il faut reconnaître d'emblée que la divulgation des dons électoraux aux candidats et aux partis est un bel exemple de transparence (malgré d'autres défauts). Nous parlons spécifiquement du site Internet Fundrace du Huffington Post. Ce site vous permet de savoir qui donne à qui dans la campagne électorale américaine. Impressionnant!

On se rappellera que Hillary Clinton se targue durant sa campagne primaire actuelle de représenter les cols bleus et autres travailleurs de l'Amérique profonde. En regardant de près qui finance sa campagne électorale, on n'a pas le choix que de relativiser cette propagande électorale. En effet, même si elle a reçu effectivement des dons de ces cols bleus, ses donateurs sont surtout les patrons de ces travailleurs!

Si l'on regarde tous les dons des personnes qui se sont identifiées comme présidents directeurs généraux d'entreprises, Hillary fait définitivement le plein de leurs dons. Elle a reçu plus de 1.05 million de dollars américains des personnes qui passent leurs vacances d'été dans les banlieues chics de Long Island proche de New York City, chez les Hamptons, et leurs congés d'hiver à Aspen dans le Colorado. Par contre, Obama a reçu seulement $329,000 de ces mêmes genres des personnes. McCain, pourtant du parti républicain souvent relié aux mondes des affaires, n'a reçu que $50,600 des riches gens d'affaires jusqu'ici. Hillary défend les pauvres travailleurs? On repassera! On peut se demander si ces gens n'avaient pas déjà fait le calcul que Hillary gagnera les élections cette année, comme tout le monde le prédisait un an plutôt. Ainsi, il s'assurait d'être remerciés d'une certaine façon (avec le lobbyisme). Maintenant que Obama est venu brouiller les cartes, on comprend pourquoi Hillary Clinton ne revient toujours pas de la situation et veut rester dans la course; allant jusqu'en insinuer que tout peut arriver durant la campagne, comme l'assassinat de Robert Kennedy en 1968!

Pour revenir à Fundrace, le site Internet vous permet donc de savoir avec une facilité étonnante à qui vos amis, voisins ou stars préférés ont donné pour le financement de la campagne électorale. Avec leur adresse, s'il vous plaît! Le tout disponible sur une carte géographique en directe (en ligne) via Google Earth. On apprend par exemple que:

Les acteurs suivants ont donné à Obama: Will Smith ($4,600); Ben Affleck ($4,600), Paul Newman ($4,600); Matt Damon ($4,600); Geena Davis ($4,600); Sean Perry ($2,300); Morgan Freeman ($2,300); Tom Hanks ($2,300); Eddy Murphy ($2,300); Terry Hatcher ($2,300), Ben Stiller ($2,300) et bien d'autres.

Les acteurs suivants ont donné à Hillary: Ben Stiller ($6,900??); Bette Middler ($6,900); Peter Davenport ($5,250); Adam Wagner ($4,600); Derek Miller ($4,600); Chevy Chase ($4,600); Paul Newman ($4,600); et bien d'autres.

Notons qu'un individu peut donner un maximum de $2,300 (ou $4,600 par couple) durant chaque élection, primaire ou générale. Ce qui signifie que lorsqu'on a déjà donné son maximum durant les primaires, on doit attendre les élections générales pour donner à nouveau à un candidat.

Voir liste complète...

Un autre aspect intéressant de cet outil de transparence est qu'on peut voir l'évolution des dons selon la région ou la ville des États-Unis sur la carte géographique. On peut ainsi mesurer l'effet Obama pour les démocrates en particulier. En effet, Obama est entrain de révolutionner le financement de la campagne électorale par les petits donneurs qui souvent donnent à travers Internet. On estime par exemple que des $55 millions que Obama a reçu au mois de février 2008 seulement (un record), $45 millions provenaient des dons par Internet. Mieux encore, 94% de ces dons valaient $200 dollars ou moins (de la part de plus de 1,276,000 personnes). C'est la démocratie du peuple qui est en marche ici! Ce qui est un contraste total comparé aux dons reçus de Hillary Clinton ou John McCain qui proviennent surtout des gros donneurs.

La carte Fundrace montre qu'en 2004, les dons des candidats démocrates étaient en grande majorité concentrés dans l'Est (New-York, Washington D.C., etc.) et dans la Côte-Ouest des États-Unis (Californie et Oregon en particulier), avec quelques points forts dans les régions de Chicago, Denver et Albuquerque (Nouveau Mexique). En 2008, on voit que les dons restent encore forts dans ces régions, mais en même temps, la situation change puisqu'on voit que les démocrates ont reçu des dons plus importants dans les autres régions des États-Unis, notamment au centre. L'effet Obama est indéniable!

Somme toute, malgré ses défauts, le système politique américain présente des pratiques de transparence et de démocratie intéressantes dont peuvent s'inspirer plusieurs autres pays.

samedi 24 mai 2008

Résultats des élections municipales à Bitam (Gabon)

Encore une fois, Bitam a donné son appui massif aux candidats du PDG, parti au pouvoir. On peut remarquer que le PDG a râflé tous 19 postes à pourvoir dans le département du Ntem.

Aucune surprise lorsque qu'on connaît la présence importante des leaders de ce parti dans la région bitamoise. Les deux leaders des listes PDG sont à la tête du parti démocratique gabonais comme Vice-président et Secrétaire général, des postes très élevés dans la hiérarchie!

Les candidats indépendants n'ont pas réussi à tirer leur épingle du jeu, mais ressortent quand même avec quelques élus, dont le très persévérant Pascal Boileau qui se présente comme l'espoir dans le milieu politique de la municipalité de Bitam.


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LES RESULTATS DES ELECTIONS LOCALES 2008 AU GABON






Voici les résultats des élections locales qui se sont déroulées au mois d’avril dernier dans le département du Ntem et dans de la commune de Bitam.





COMMUNE DE BITAM








Nombre d’inscrits 9247


Nombre de votants 4777


Bulletins blancs ou nuls 163


Suffrages exprimés 4614


Taux de participation 51,66%


Nombre de sièges à pourvoir 33


Nombre de listes en compétition 6


Ont obtenu








LISTE TÊTE DE LISTE VOIX OBTENUES POURCENTAGE SIEGES OBTENUES
Indépendant OBIANG ONDO PASCAL BOILEAU 849 18,40% 6
Morena Unoniste EBANG EDOU HERVAIS MOUCHARAPHE 33 0,72% 0
P.D.G NDEMEZO'O OBIANG RENE 3423 74,19% 27
R.P.G OBIANG MOÎSE 196 4,26% 0
U.G.D.D MEZUI M'AKUE ESSIMEGANE CHARLES 81 1,76% 0
U.P.G NDONG MOZO'O 32 0,69% 0






Sont élus


LISTE INDEPENDANT








1 OBIANG ONDO PASCAL BOILEAU


2 NGUEMA OBIANG PIERRE LEVY


3 NGOUA ASSOUMOU CHRISTIAN


4 EDOU NGUEMA JEAN SIMON


5 ABEGUE EDOU MARIE


6 NGUEMA EBANG JEAN












LISTE P.D.G








1 NDEMEZO'O OBIANG RENE


2 ANGO OBIANG GABRIEL


3 ASSOUMOU ELLA BONJEAN


4 EDOU EYENE EMMANUEL


5 EDOU SIMA JEAN MICHEL


6 EKEGE MVE JANVIER


7 OBIANG NZUE BEYEME JEAN PIERRE


8 ONDO OBIANG NKOULOU BEYEME SAMUEL LAMBERT


9 ONDO OBIANG ROBERT


10 HAMADAMA AYOUBA


11 EDOU MINTSA CHRISTIAN


12 NKOGO MEZUI ANTOINE DESIRE


13 ASSEKO ALLOGO FELIX GEORGES


14 MBELE ASSEKO JULES


15 OBAME NDONG JEAN


16 NDEMENGANE NDONG A. PATRICIA


17 NGUEMA ZUE SAMUEL


18 NKOULOU MEBA ANICET CHRISTIAN


19 MBEANG NSOMO JEAN KLEBERT


20 ENGO ALLOGHO JEAN-JACQUES


21 MENGUE M'ONDO MARIE-CLAIRE


22 EYOGO EDZANG PATRIK KARIM


23 NGOMO THERRY


24 NZUE ESSONO JANVIER BERTHELIN


25 BEYEME ABA'A FRANKLIN


26 ZUE OBIANG DIEUDONNE


27 NKILI MVONO ALAIN







DEPARTEMENT DU NTEM








Nombre d’inscrits 12294


Nombre de votants 8907


Bulletins blancs ou nuls 229


Suffrages exprimés 8678


Taux de participation 72,45%


Nombre de sièges à pourvoir 19


Nombre de listes en compétition 4












Ont obtenu








LISTE TÊTE DE LISTE VOIX OBTENUES POURCENTAGE SIEGES OBTENUES
Morena Originel OBIANG MARCELIN 638 7,35% 0
P.D.G ONDO METHOGO EMMANUEL 7517 86,62% 19
U.G.D.D OBAME YEBE FRANCOIS 467 5,38% 0
U.R.D.P ONDO ABAGA ABRAHAM 56 0,65% 0










LISTE P.D.G








1 ONDO METHOGO EMMANUEL


2 ALLA NKA YVONNE


3 NGOUA OBIANG PIERRE


4 ELLA OVONO JEAN


5 NDONG OYONO AUGUSTIN


6 EYAME ZUE JEAN JACQUES


7 NNANG OLLOMO JEAN


8 ESSIMENGANE SIMON


9 NGUEMA ETSIME EMMANUEL


10 OKOUE ONGO PIERRE MAUCLAIR


11 OLLOMO MEZUI GEORGES


12 NKA OBIANG VICTOR


13 MINKO MI NDONG PATRICE


14 NGUEMA ONDO PIERRE


15 OBIANG MVE GILBERT


16 EBANG OVONO FRANCOIS


17 OBIANG NGOU LAURENT


18 NGUI OVONO ALAIN


19 MVE MEZUI THOMAS


mardi 13 mai 2008

Le Racisme inquiète les supporteurs d'Obama!

Lorsqu'on regarde la réalité du racisme encore très présent aux États-Unis, on se rend compte encore plus combien de fois la situation d'Obama dans les élections primaires américaines actuelles est impressionante. Réussir à battre Hillary Clinton dans un contexte d'adversité raciale et médiatique démontre que Barack Obama a de quoi attiré l'admiration, quoi qui arrive en novembre prochain.

Je partage avec vous cet article du Washington Post (en anglais) qui rappelle la dure réalité de faire campagne pour un candidat Noir aux États-Unis.

En quelques mots, l'article retrace la décevante expérience de plusieurs personnes (Blanches comme Noires) faisant campagne pour Obama, notamment en Indiana et en Pennsylvanie, deux états à plus de 90% blancs. Les supporteurs d'Obama se font souvent dire par d'autres Américains: "je ne voterai jamais pour un Noir". D'autres commentaires dégueulasses sont aussi dites: "pendez ce noirreau!"; "les Blancs pour les Blancs; les Noirs avec les Noirs!"... D'autres se font fermer la porte au nez lors des activités de portes-à-portes pour la campagne d'Obama. À tout cela, il faut ajouter des menaces de mort envers Obama et les actes de vandalisme contre ses quartiers généraux électoraux. Bref, ce n'est pas toujours rose dans cette campagne pour Obama.

Le candidat Obama minise ces événements désagréables et on le comprend. Il ne veut pas faire sa campagne sur les divisions raciales. Son message a toujours été celui de l'unité et de la reconcialisation des personnes et du monde. Il ne veut donc pas embarquer dans des discussions qui divisent les gens. Il a raison et cela lui rend plus fort! Malgré tout ce racisme, il réussi à gagner des états à majorité blanche. Mais certains états ont montré plus de résistance envers ce candidat du changement. Le cas de la Virgine Occidentale ce soir est un cas patent.

L'ironie dans tout cela est que les médias ne font rien pour dénoncer ces actes de racisme flagrants que les gens rapportent chaque jour. De plus, lorsque Obama remporte une forte majorité de votes des Noirs dans un état, les médias sautent dessus pour dire que les Noirs votent pour Obama. Toutefois, lorsque, comme ce soir en Viriginie Occidentale à 98% blanche, Hillary Clinton remporte une forte majorité du vote des Blancs, les médias disent qu'elle "réussit" à gagner le vote des "durs travailleurs" américains. On ne parle plus de Blancs, mais de "cols bleus", de "femmes", de "personnes âgées", de "pauvres" ou "moins riches gagnant moins de 50 000 dollars par année"; bref toutes sortes de qualificatifs, sauf dire que les Blancs votent pour Hillary parce qu'elle est Blanche (aussi)! Du deux poids, deux mesures donc...

La réalité est claire: le racisme existe bel et bien aux États-Unis!

Obama est le seul candidat qui est en mesure de proposer une vision qui va au-delà des races (cette notion sans aucun fondement scientifique); un candidat dont le monde et les États-Unis ont besoin en ce moment.

Lire l'article au complet (en anglais)

samedi 10 mai 2008

La fête des cultures prend son envol à Libreville

Libreville, 10 mai 2008.

La reprise de la fête des cultures à Libreville est la bienvenue pour les habitants de cette ville. Ils se distrairont d'aujourd'hui jusqu'à lundi sans interruption au stade omnisports président Omar Bongo Ondimba et dans les jardins du ministère de la culture.

Il y a aura d'abord un défilé au boulevard de l'indépendance (bord de mer), en présence du chef de l'Etat et bien d'autres invités. Le défilé sera agrémenté par les danses folkloriques de toutes les neuf provinces du Gabon, des communautés amies d'Afrique centrale et de l'Ouest. La France et l'Afrique du sud sont des invités spéciaux à cette fête de la culture.

Au menu des festivités, on aura une présentation des arts culinaires, jeux de société ( ex. songo), danses traditionnelles, du mvet, etc... Ceci jusqu'à l'aube. On s'attend à ce que les Librevillois(es), qui aiment bien la fête, ne dorment pas tôt durant ces jours de fête de la culture, en plus de la pentecôte qui consacrera la journée de lundi 12 mai, fériée.

Francis Ndong, Collaboration spéciale.


Autre article sur le sujet:

Libreville en pagne pour célébrer les cultures (source: Gaboneco.com)

vendredi 9 mai 2008

Obama confirme, Hillary s'enlise...

Après sa brillante victoire mardi dernier aux primaires de la Caroline du Nord et un résultat très serré en Indiana, Barack Obama (Obame, version gabonaise) a conforté sa position de leader du parti démocrate pour les présidentielles aux États-Unis, au dépend de Hillary Clinton.

Le problème demeure que Hillary Clinton s'entête à vouloir continuer sa campagne, même si elle n'a aucune chance de l'emporter ou de rattraper Obama, même en remportant toutes les primaires restantes (ce qui est déjà loin d'être possible pour elle). Le problème avec le clan Clinton est qu'il y a un an ou deux ans, il était presque acquis que madame Clinton allait être la prochaine candidate élue à la présidentielle américaine pour les démocrates. Avec la chute vertigineuse de la popularité de Georges Bush, Hillary était donc convaincue depuis longtemps qu'elle sera la prochaine présidente des États-Unis. Mais coup de théâtre, un jeune sénateur de l'Illinois avec un nom bizarre vient lui voler la vedette en gagnant d'abord dans un État à 98% blanc (Iowa) pour ensuite remporter la majorité des États aux primaires et caucus de super mardi en février. Du coup, c'est la panique dans le camp Clinton et l'émerveillement de plusieurs devant ce jeune homme charismatique qui fait à nouveau aimer la politique aux jeunes et à plusieurs qui ne voulaient plus rien savoir des politiciens! La campagne de Hillary Clinton est endettée alors qu'Obama reçoit des millions de dollars chaque mois de la part des individus ordinaires qui donnent des petits montants presque chaque jour à sa campagne; un précédent dans les anales de la politique américaine. La suite, on la connaît maintenant: Obama sera consacré candidat à la présidentielle américaine pour le parti démocrate aux prochaines élections de novembre 2008 contre John McCain (McBush comme on le surnomme).

Sans aucun doute, Barack Obama est entrain de réécrire l'histoire des États-Unis. C'est une année historique pour ce pays et pour le monde. Rien n'est gagné d'avance, mais Obama est proche d'être le premier Noir président des États-Unis (peut-être le 2e si on compte John Hanson qui aurait été le tout premier président des États-Unis en 1781-1782) .

En attendant, Hillary Clinton continue de battre campagne dans les États restants, espérant on ne sait trop quoi. Plusieurs superdélégués l'ont déserté et d'autres suivront dans les prochains jours pour soutenir Obama. À cette allure, on ne peut que constater que Hillary chercherait à gagner un peu d'argent pour rembourser ses prêts à sa campagne (+ de 6 millions $ au mois d'avril seulement). Elle doit se trouver une stratégie pour sortir la tête haute de cette campagne. Hillary doit tenir compte des intérêts de son parti et de la nation et non pas ses intérêts personnels comme elle semble le faire actuellement.

Espérons que Obama ne choisira pas Hillary Clinton comme vice-présidente. Ce sera une erreur!

mardi 29 avril 2008

Les gabonais parlent à leurs politiciens en s'abstenant massivement!

À l'orée d'une autre élection au Gabon qui entrera dans les anales politiques du pays non pas comme une victoire réelle d'un parti ou groupe, mais bien comme la victoire des gabonais! En effet, les politiciens gabonais n'ont pas encore compris le message puissant que les électeurs leur envoi depuis plusieurs élections: assez c'est assez! Les gens ne croient plus aux promesses et aux politicailleries des politiciens. Les Gabonais sont tout simplement désillusionnés par la politique et ne vont plus voter.

Malgré les énormes richesses du pays, des milliers de Gabonais ont toujours de la difficulté à se loger, à manger à leur faim, à trouver un travail décent, à faire respecter leur droit, à recevoir des services publics dont ils ont droit, bref, à vivre comme des citoyens normaux dans un pays qu'ils chérissent et qui est loin d'être le plus pauvre de la planète!

Pendant ce temps, les luttes de pouvoir sont devenues légion. La politique mène tout au Gabon, dirait-on!

Pourtant, le taux de participation déficient (encore) aux élections municipales de dimanche (27 avril 2008) doit définitivement résonner chez les décideurs politiques gabonais au plus haut niveau. Ils doivent comprendre une bonne fois pour toute que les Gabonais en ont assez de ces jeux politiques, de l'arrogance des politiciens qui se croient au-dessus de tout, du manque flagrant de sérieux dans la gestion des municipalités et d'autres institutions publiques et parapubliques du pays, etc. Les Gabonais veulent autre chose, une politique nouvelle, du changement. Mais ils ne savent plus d'où viendra ce changement au Gabon. D'où l'installation d'un véritable environnement de désespoir, notamment chez les jeunes. C'est une situation grave pour un pays où plus de 40% de la population a moins de 15 ans!

Les politiciens gabonais doivent se réveiller et travailler au développement du Gabon, non pas par des discours à n'en plus finir, mais bien par des actions concrètes. Ces actions, les Gabonais sont capables de les fournir, si au moins on les écoutait. Les Gabonais sont capables de se prendre en main si on leur donne la possibilité.

Les politiciens ne peuvent plus continuer à se gargariser des résultats d'élections avec des taux de participation en-dessous de 20%. Tout cela devient indécent pour la démocratie!

Voici un article en complément

P.S. On estime que le taux d'abstention pour les élections municipales du 27 avril était d'environ 70%!

lundi 28 avril 2008

IM 28: Découverte sur le SIDA du Pr Mavoungou

Santé: L'IM 28, la découverte du Pr Donatien Mavoungou bientôt dans les pharmacies

Découverte par le Pr. Mavoungou, l'IM28 est une molecule qui inhibe la réplication du VIH même dans les cas de résistance à l'AZT et au 3TC. Présentée pour la première fois à la 13e Conférence internationale sur le SIDA à Durban, en Afrique du Sud, en juillet 2000, cette découverte d'une grande portée scientifique et médicale a déjà été brevetée et le projet de transformation de cette molécule en médicament commercialisable est en bonne voie. Homme des sciences, délégué général du continent africain au bureau de l'Académie mondiale des sciences et des technologies biomédicales (W.A.B.T) partenaire de l'UNESCO, et auteur notamment de trois brevets d'invention, de 27 formules d'intérêt médical en voie d'homologation et de plusieurs publications scientifiques, le Professeur Donatien Mavoungou fait ici le point sur cette invention qui pourrait être d'un grand apport dans la prise en charge des malades atteint de SIDA.

© D.R.

Vous êtes connu comme l’inventeur de l’IM 28 dont le principe actif combattrait à la fois les infections, parmi lesquelles le Sida, et les maladies cardiovasculaires. Qu’en est-il exactement ? Le médicament existe-t-il ? Est-il commercialisé ?

IM28 jouit de trois brevets, le premier a été déposé à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) en France, puis a été élargi au niveau européen et finalement au niveau mondial. L’IM 28 est une des réponses à la préoccupation de la communauté internationale depuis l’apparition du grand fléau qu’est le Sida. C’est un procédé qui permet à la fois de renforcer le système immunitaire du malade du Sida, de bloquer la réplication du virus du Sida et il comporte bien d’autres propriétés sur lesquelles nous pourrons revenir. C’est donc un médicament, breveté, recommandé pour le malade du Sida peu importe le stade où il se situe. On peut, dès le premier stade de l’infection, administrer le produit aux malades et on arrive même à le rendre indétectable selon les tests disponibles.

S’agissant de la commercialisation, nous avons introduit le dossier scientifique et médical de l’IM28 à la division du médicament du ministère de la Santé du Gabon et nous avons été autorisés à administrer ce médicament aux malades sur la base d’une préparation magistrale. Cela depuis quatre ans et les demandes sont de plus en plus croissantes. C’est ainsi que nous avons commencé à nous intéresser à la production industrielle de l’IM 28. Ce qui a justifié la création au Canada d’une société dénommée DMB Medic pour la production et la distribution de ce médicament. Nous attendons les résultats de l’appel d’offre que nous avons lancé auprès des financiers, aussi bien au Gabon qu’à l’international, pour sortir le premier lot de l’IM28 qui sera commercialisé sous le nom de Immunor après avoir complété le dossier d’Autorisation de mise sur le marché (AMM).

Quel est le parcours de ce médicament, les premières déductions, les essais cliniques, etc.

On devrait dans ce cas aborder l’antériorité de l’invention, autrement dit comment je suis arrivé à celle-ci. Au terme de mes études universitaires, j’ai débuté, à l’Institut des recherches cliniques de Montréal sou la direction de feu le Pr. Wojciech Novaczynski, un travail sur l’hypertension et sur une hormone dénommée Déhydropiandrostérone (DHEA) qui avait été découverte en 1936 par l’allemand Adolf Friedrich Johann Butenandt, prix Nobel de Chimie 1939 et dont la forme sulfatée a été mise en évidence, en France, par Étienne-Émile Baulieu J’ai donc travaillé sur la S-DHEA en rapport avec les maladies cardiovasculaires. Par ailleurs, à partir de recherches que j’effectuais sur l’établissement de valeurs et de normes hormonales proprement africaines, j’ai découvert que les infections retentissaient sur le système endocrinien et que ces infections perturbaient le métabolisme de la DHEA et quand sont arrivés les premiers cas de Sida dans notre pays, j’ai comparé les malades du Sida aux séronégatifs par rapport aux taux de la DHEA. C’est ainsi que j’ai constaté que les taux de DHEA étaient effondrés, en rapport avec l’infection au VIH. Aussi ai-je déduit qu’il fallait proposer au malade du Sida une thérapie de substitution consistant à donner à l’organisme ce que le virus détruisait. J’ai découvert avec intérêt que la DHEA, sur la base des travaux scientifiques américains, français et anglais, est un modulateur de la réponse immunologique. Autrement dit, la DHEA stimulait la production de Interleukine 2 (IL2) composante essentielle du statut immunitaire de l’homme. Et, plus tard, nous avons nous-même fait des travaux pour vérifier si la DHEA avait cette capacité d’inhiber la réplication du virus du Sida. Ces travaux ont été confirmés par des travaux américains, anglais, japonais et français. Il fallait alors breveter le produit. Une molécule naturelle n’est pas brevetable, mais l’association de deux molécules peut donner lieu à un brevet et nous avons pensé à l’association avec une substance locale obtenue d’une huile végétale très utilisée dans les diètes et pour le traitement de certaines affections. On découvrira par la suite que cette huile avait des propriétés antiparisitaires, virales et fongiques.

C’est ainsi que l’IM 28 a été mise au point. Je me suis après quoi rendu à Montréal à l’Université Mc Gill en vue de tester l’IM28 dans le laboratoire du Pr. Mc Wainberg qui était alors le président de la Société internationale du Sida. C’est ainsi que pour la première fois, la communauté scientifique internationale mettait la main sur une invention africaine qui était approuvée par les laboratoires occidentaux. Nous avons eu à publier avec Mc Wainberg des travaux à ce sujet et deux de ses étudiants ont incorporé dans leurs thèses des travaux consacrés à l’IM28. Aujourd’hui, nous avons plusieurs publications sur le produit et sur le plan scientifique nous n’avons plus rien à prouver quant à l’efficacité de l’IM28. Après nous être assurés que notre produit n’était pas toxique, nous avons finalement procédé à des essais cliniques dont les résultats étaient très intéressants qui ont d’ailleurs été présentés en 2002 à Barcelone lors de la 14è Conférence internationale sur le VIH Sida. Forts de cela nous avons constitué plusieurs dossiers en vue d’intéresser aussi bien les autorités politiques que scientifiques pour passer de la préparation magistrale à la phase industrielle dans le but de répondre aux besoins des malades à l’échelle planétaire.

Si ce médicament agit sur trois maladies, c’est qu’il va au-delà des antirétroviraux. Ce qui est une découverte majeure pour la prise en charge de ces pathologies qui tendent à devenir endémiques, surtout en Afrique.

Ces trois maladies sont le Sida, la tension artérielle et le diabète. Il faut dire que les maladies cardiovasculaires, d’une manière générale, constituent les plus grandes causes de décès dans le monde et particulièrement en Afrique. Le virus du Sida induit le syndrome métabolique et donc le processus par lequel l’être humain peut devenir diabétique et/ou hypertendu. Et ce syndrome est aggravé par les antirétroviraux actuellement prescrits. On ne le dira jamais assez : c’est vrai que l’espérance de vie des malades du Sida augmente avec les antirétroviraux mais on ne peut pas occulter les effets secondaires liés à ces molécules. Ce qui est intéressant pour nous c’est d’avoir un complexe bi-moléculaire naturel, dépourvu de toute toxicité, et qui agit comme un antioxydant. C’est-à-dire que s’il est associé aux antirétroviraux d’utilisation classique, on peut prévenir les effets secondaires de ces antirétroviraux. Et, nous avons eu des résultats avec des malades depuis huit ans. Cette synergie entre l’IM28 et les antirétroviraux a été prouvée in vitro dans le laboratoire du Pr. Mc Wainberg et tous ces travaux ont été publiés. Lorsque nous avons fait notre essai clinique, au demeurant complet, nous nous sommes préoccupés de la santé globale du malade. Nous avons vérifié les fonctions hépatique, cardiaque, rénale ainsi que le poids, la tension artérielle, etc. On s’est alors rendus compte que certains malades qui étaient déjà traités pour l’hypertension artérielle et/ou le diabète, ont vu leur tension artérielle ou leur taux de sucre se normaliser beaucoup plus rapidement que par le passé. Avec un petit recul nous avons constaté que la molécule de base contrôle à la fois le métabolisme des sucres et des lipides. C’est pourquoi cette molécule est importante pour les maladies cardiovasculaires. Mieux encore, elle a un rôle régulateur au niveau rénal.

Nous avons donc là un produit qui contrôle la réplication du virus du Sida, renforce le système immunitaire (ce que ne font pas les antirétroviraux), prévient le syndrome métabolique et peut être prescrit contre le diabète et l’hypertension. C’est une invention africaine et nous savons, malgré tout ce qui se dit sur l’Afrique, qu’il existe des ressources financières en Afrique qui peuvent au moins permettre de lancer la première production de l’IM28 afin qu’il soit disponible au plus grand nombre. Je pense que si demain ce produit est disponible en quantité industrielle, on verra comment celui-ci aura contribué à l’augmentation de l’espérance de vie en Afrique. Si ceci est réalisé, connaissant les préoccupations en matière de santé au niveau mondial, je pense que nous sommes en droit de rêver d’être au moins candidat au prix Nobel de médecine.

L’IM28 via la DHEA stimule l’Oxyde nitrique (NO). Nous avons en effet constaté que trois molécules biologiques coopèrent pour le maintien de la bonne santé : la DHEA, l’hémoglobine et l’Oxyde nitrique. La DHEA stimule la production de la NO dont l’hémoglobine est le réservoir, au niveau des cellules endothéliales. Tout comme la DHEA, la découverte de la NO a valu le prix Nobel de Médecine en 1998 à trois chercheurs américains (Robert F. Furchgott, Louis J. Ignarro et Ferid Murad).


Quelle a été l’accueil réservée à l’IM 28 au niveau national ?

Cette question me gène un tout petit peu. Il faut dire que j’ai toujours été un peu nationaliste. Même lorsqu’il y a des erreurs, j’essaie toujours de sauvegarder l’image de marque de mon pays. L’évaluation au Gabon de mes avancées scientifiques a d’abord été faite sur une base politique. Je sais tout simplement qu’un scientifique doit être évalué par ses pairs. On doit dire qu’il existe des médicaments qui posent des problèmes. Et lorsqu’on constate des dégâts sur les vies humaines, on retire ce médicament de la vente. Aux Etats-Unis c’est le Food and Drugs alimentation qui se charge de retirer les produits dangereux de la distribution. Dans mon cas, le produit n’avait même pas encore commencé à être administré que la controverse avait commencé. Ce qui est certainement dû à l’absence d’une culture de l’invention. J’ai par exemple entendu dire : « Les blancs n’ont pas trouvé, ce n’est pas lui qui peut trouver. » Mais, on n’oublie que nous allons dans les mêmes écoles que les blancs et nous arrivons parfois à être premiers. Bref ! Je me contente du présent et le présent c’est que le médicament est en pharmacie et il ne pourra plus en sortir, parce qu’il fait ses preuves. Nous avons des demandes en provenance de pays aussi bien africains qu’européens. Et je suis encouragé par de nombreuses coupures de presse et par la considération de la communauté scientifique. Je dois, par exemple, prendre part à la Conférence internationale sur l’Hypertension qui aura prochainement lieu à Berlin et j’ai des travaux qui y ont été acceptés. Tout comme je serais, en juillet prochain, à la Conférence internationale sur l’hypertension chez les noirs à New Orleans aux Etats-Unis. C’est dire que je suis en activité et je suis dans la compétition internationale. Ce n’est pas seulement au Gabon ou pour le Gabon que je suis le Pr. Mavoungou. J’ai des titres universitaires et je me bats sur le plan international pour que le statut de chercheur soit effectivement garanti par des contributions annuelles soutenues dans les conférences internationales appropriées. A ce sujet, depuis 1978, je n’ai pas arrêté de contribuer que ce soit sous forme de participation à des conférences internationales et d’articles ou en tant que conférencier invité.

On devra retenir que j’ai créé au Canada ma propre société. Ce pays ne peut pas accepter la création d’une société pour produire un médicament si ses autorités en la matière n’ont pas apprécié les vertus scientifiques du produit attestés par nos brevets.

Au niveau africain, comment comptez-vous procéder pour le tour de table qui vous permettrait d’avoir un financement en vue de lancer la production de l’IM 28 ? L’usine sera-t-elle en Occident ou en Afrique ?

Dans un premier temps l’usine sera en Occident. J’ai mentionné tout à l’heure la création au canada d’une société dénommée DMB Medic pour la production et à la distribution de l’IM 28. Pour l’Afrique nous envisageons d’identifier un groupe de financiers qui pourra bénéficier de l’exclusivité de la distribution du produit sur tout le continent. Notre logique est de desservir tous les continents. Nous avons des contacts en Chine, en Amérique du Nord, en Amérique Latine et en Afrique. Nous essayons d’abord de produire le premier lot d’échantillons commercialisables dans leur forme définitive, parce que pour le moment les malades sont traités sur la base d’une préparation magistrale sous la responsabilité du pharmacien et du médecin prescripteur. Nous tenons à respecter les normes internationales, en terme de marketing et d’éthique. Après quoi, nous pourrons faire, si possible, un transfert de technologie vers l’Afrique pour la production de ce médicament sur le continent. Nous avons identifié des capitalistes intéressés et nous attendons leur réaction. Nous en sommes là. Il ne suffit environ que de six mois pour réaliser la production industrielle.

Quel est votre parcours universitaire ? Quels sont vos principaux travaux universitaires ? Ont-ils été publiés dans des revues spécialisées ?

Je suis biochimiste de formation, spécialisé en science clinique, notamment en endocrinologie moléculaire, après une thèse soutenue à l’Université Claude Bernard de Lyon. J’ai presque consacré ma vie à l’étude de la DHEA. Je me suis retrouvé à l’Institut des recherches cliniques de Montréal affilié à l’Université Mc Gill et à l’Université de Montréal comme fellow en recherche. Après quoi, j’ai eu un poste d’assistant de recherche à l’Université de la Colombie britannique (UBC) à Vancouver et dans les années 80 j’ai découvert dans un journal que le Gabon s’était doté d’un centre de recherche. J’ai ainsi quitté la faculté de médecine de UBC pour Franceville au Gabon. Mais, auparavant, j’ai séjourné à Paris dans les services du Pr. Étienne-Émile Baulieu à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) et à l’Institut des sciences et techniques nucléaires de Saclay avant de regagner Franceville pour le Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF) où j’ai exercé les fonctions de directeur de recherche de 1981 à 1989. Je dirige actuellement le Centre des recherches en pathologies hormonales (CRPH) que j’ai créé en 1995 et qui est un centre de recherche affilié à l’Université des sciences de santé. Je collabore avec la Fondation Jeanne Ebori, où le CRPH est implanté, du fait que cette structure hospitalière m’envoie des demandes d’examens. Nous comptons, sur la base de protocoles à établir, collaborer avec cette fondation, et pourquoi pas avec les autres formations sanitaires, pour promouvoir la recherche médicale dans notre pays.
Publié le 27-04-2008 Source : Gaboneco.com Auteur : gaboneco