samedi 29 décembre 2007

Nouveau gouvernement gabonais: une vraie farce!

Le président gabonais Omar Bongo annonçait au début du mois de décembre 2007 que son premier ministre allait lui proposer un nouveau gouvernement de mission avec des gens intègres et efficaces! Quel grand défi, car je me demandais ou allait-on trouver ces gens dans le milieu politique gabonais. La réponse a été très peu surprenante par l'annonce du "nouveau" (pour ne pas dire réchauffé) gouvernement gabonais le 28 décembre (voir article).

En effet, je serai très étonné d'apprendre que la majorité des Gabonais trouvent que le premier ministre ait atteint les objectifs que présupposait le discours à la nation du président de la république quelques semaines plus tôt. On passe de 50 à 42 membres du gouvernement. Wow, quel effort de réduction! De plus, seuls quelques anciens du régime sont mis de côtés, alors qu'on retrouve encore une fois de plus le jeu de la chaise musicale! Toujours les mêmes, ou alors, au mieux, d'anciens à l'arrière-banc qui reçoivent des promotions. Mais on est très loin d'un gouvernement renouvelé avec des gens intègres qui n'ont jamais profité du vicieux système que le président dénonçait véhément devant le peuple. On parlait même d'une rupture avec le passé. En quelques mots: c'est une vraie farce!

Peux-ton convaincre quelqu'un de moindrement raisonnable et éduqué qu'un pays comme le Gabon (avec à peine 1,5 million d'hbts) ait besoin de 40 ministres pour être géré avec efficacité et intégrité? Je crois que non. Un exemple simple illustre l'improvisation à la gabonaise: On compte un ministre de l'éducation nationale, un ministre de l'enseignement supérieur et un ministre de la recherche scientifique (d'autres secteurs s'y comparent comme la santé)! Dieu, pourquoi? À quoi servent-ils pour la gestion efficace (sic) du budget et des ressources du Gabon? La seule justification évidente demeure: il faut caser les amis du régime avec des titres toujours plus ronflants ! Si le ministre de la recherche veut se faire voir comme chercheur émérite, eh bien qu'il laisse le poste de ministre et qu'il s'occupe de ce qu'il sait faire: la recherche et l'enseignement! Il gaspillera certainement moins son énergie et ses compétences et contribuera encore mieux au développement du Gabon. Rien ne l'empêche comme chercheur indépendant du gouvernement, d'aider le ministre de l'éducation nationale (qui devrait inclure l'enseignement supérieur et la recherche) à mettre en place des politiques cohérentes, objectives et efficaces pour que le Gabon avance! Des exemples abondent partout dans les pays occidentaux (même africains aussi) ou ces gens ont pourtant étudié. On se rend compte qu'au Gabon, on est "quelqu'un" et on fait supposément avancer le pays (sic) seulement lorsqu'on devient ministre! C'est ridicule. On perd du temps à tourner en rond (comme le disait le président lui dans son discours) et à honorer des gens avec des titres ronflants qui ne servent à rien. On le sait, au Gabon, on crée des ministères vides de sens durant le conseil des ministres et ensuite on essaie d'y fourrer tout et n'importe quoi pour justifier des dépenses aussi inutiles qu'inefficaces.

Il faut croire que les Gabonais sont devenus immunisés (pour ne pas dire anesthésiés) face aux conseils des ministres et aux différents gouvernements qui se succèdent depuis des décennies, aussi corrompus qu'inefficaces les uns comme les autres. Et la vie continue, quoi!

Les Gabonais le savent tous, celui qui dirige le Gabon, c'est son président! Le reste ne fait que suivre. Il est vrai aussi que ces ministres et autres responsables détournent les fonds publics sans nécessairement demander l'avis du président. Toutefois, plusieurs de ces "roitelets" (comme les qualifiait le président lui-même) sont pourtant restés pendant des décennies et demeurent même encore dans des postes importants (ministres, directeurs, membres de conseils d'administration, etc.). Voilà qui est une contradiction au discours du président. Pourquoi attendre le 40e anniversaire au pouvoir pour se rendre compte que des ministres détournent l'argent du peuple et que des infrastructures pourrissent (hôpitaux, bâtiments publics, routes, etc.)? C'est quand même renversant!

Maintenant, on annonce encore une fois aux Gabonais que le gouvernement en place va travailler pour le bien du peuple. On verra. De toute évidence, peu importe ce que ce gouvernement fera à partir de maintenant, il sera difficile de faire pire que les 40 dernières années. Au moins, que tout ce beau monde profite de laisser, ne fût-ce qu'un petit héritage qui, disons-le, ne remplacera jamais les 40 ans de gaspillage et toute une génération perdue! Au demeurant, la génération future pourrait voir un Gabon différent. Les nouvelles universités, les grands projets industriels, etc, c'est bien, encore faut-il qu'on ne recommence pas avec les mêmes (mauvaises) façons de gérer les biens publics: sans vision d'avenir, sans rigueur de planification (même s'il existe un ministère doté d'une telle mission), sans ambitions, sans objectifs précis et mesurables, sans rendre les comptes; avec des détournements de fonds et de biens, des intérêts personnels qui passe avant tout, et j'en passe!

En somme, les Gabonais doivent être déçus de ce nouveau gouvernement et doivent se demander ce qui arrivera de bien de ce beau pays. Qui vivra, verra...


Autre article sur le sujet.

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